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Simon Watin pour VPLP
© Thierry Martinez

Simon Watin : « Travailler sur des projets qui ont de la valeur et du sens »

Simon Watin, 35 ans, fait partie de la direction collégiale de quatre ingénieurs et architectes qui prendra les commandes de VPLP Design au moment où les deux cofondateurs historiques, Marc Van Peteghem et Vincent Lauriot Prévost prendront du recul. Il en deviendra le président à l’issue du processus de transmission, qui va durer encore quelques mois.

Simon, peux-tu nous décrire le parcours qui t’amène à devenir dans quelques mois président de VPLP Design ?

J’ai d’abord eu un cursus de jeune régatier en voile légère jusqu’à un niveau européen en 420. Mais j’avais un don plutôt pour les maths que pour la course, alors je suis parti en prépa et j’ai intégré l’Ecole polytechnique en 2004. J’ai enchaîné avec un master en architecture navale à l’Ensta. A l’époque, VPLP était déjà une boîte réputée, alors j’ai fait le pied de grue chez Marc pour y décrocher un stage en 2008, avant de partir pour un tour de l’Atlantique en Aquila. J’ai passé un an chez Doyle Sails en Nouvelle-Zélande et Vincent m’a rappelé début 2011 pour la 34e Coupe de l’America. J’ai passé beaucoup de temps à travailler au développement de la CFD et du VPP dans l’agence avant d’être détaché à San Francisco au sein d’Artemis avec Vincent. J’ai quitté VPLP et intégré ensuite Artemis pour être design coordinator sur la fin de la deuxième campagne aux Bermudes. Après le retrait du sponsor, l’équipe s’est transformée en bureau d’études, on a travaillé sur l’ultim Macif M101, sur des Imoca, sur des projets de ferry à foils… Je suis toujours resté en contact avec Marc et Vincent et j’avais envie de rentrer en France, alors quand ils m’ont proposé, début 2020, de revenir pérenniser et développer l’activité maritime autour de Canopée, dans l’esprit VPLP, je n’ai pas beaucoup hésité.

Justement, comment définirais-tu cet “esprit VPLP” ?

Je dirais que c’est travailler de manière transversale en s’appuyant sur toutes les compétences de l’agence, sur des projets qui ont de la valeur ajoutée ET du sens. Je crois que c’est ce que nous avons fait avec Canopée, par exemple.

Tu deviens président de l’agence, mais la direction reste collégiale…

Voilà, c’est vraiment ça l’idée. La gouvernance se fait à quatre, avec Quentin Lucet, en charge du pôle course, Mathias Maurios, pour le pôle plaisance, Xavier Guisnel, pour l’équipe ingénierie, et moi-même en charge du pôle maritime. Et s’il faut quelqu’un pour trancher à la fin, ce sera moi.

Quels rôles vont continuer à jouer Marc et Vincent dans la période de transition qui s’annonce ?

L’idée est qu’ils assurent un tuilage en douceur, une sorte de mentorat à tous les niveaux. Nous avons tous une relation forte avec eux, on va les appeler souvent ! L’annonce de cette nouvelle gouvernance est intervenue tôt et rapidement pour qu’ils puissent accompagner l’équipe et les clients tout le temps nécessaire, aussi longtemps qu’ils le souhaitent. De fait, on officialise un état de fonctionnement : dans le quotidien, Marc et Vincent ont pris du recul sur l’opérationnel mais restent présents sur la stratégie. C’est aussi au cours de cette période que va s’effectuer la transmission de l’entreprise par Marc et Vincent à nous quatre.

Quels sont les enjeux futurs de l’agence que vous identifiez tous les quatre ?

Nous réfléchissons beaucoup à un thème assez large, qui est celui de l’impact de nos navigations, en course, en croisière, au travail. On approche ça avec beaucoup d’humilité, en se posant des questions sur les usages de la voile de demain, sur les nouvelles manières d’aller sur l’eau. Comment répondre aux envies en prenant en compte notre impact ? Comment faire notre part du boulot dans cet effort nécessaire ? On cherche, on propose, on essaye… Ça nous fait sortir de notre zone de confort et c’est passionnant !

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