Crédit VPLP Design / Micheletti & Partners / Kadeg Boucher

Élégant, vertueux, rapide : Tyrena, le Méga-Yacht vu par VPLP Design

Sur un marché des yachts catamarans arrivé à maturité, VPLP Design présente au Monaco Yacht Show 2026 Tyrena, un catamaran en aluminium de 76 mètres propulsé par deux ailes OceanWings. Mené en collaboration étroite avec Micheletti and Partners, ce projet exceptionnel par ses dimensions reste en prise avec les éléments et vertueux par sa propulsion décarbonée. « Une vision raisonnée, pas une vue de l’esprit », expliquent Quentin Lucet, architecte associé, et Yann Prummel, designer chez VPLP Design.

C’est dans l’objectif de « proposer une alternative innovante aux méga-yachts traditionnels et de mettre en commun leurs expertises complémentaires », selon Quentin Lucet, que VPLP Design et l’agence italienne Micheletti and Partners ont imaginé le projet Tyrena. « Nous sommes partis d’une page blanche, poursuit-il. Nous n’étions pas dans le cadre d’un concours ou d’un appel d’offres, nous avions toute latitude. Avec Micheletti and Partners, nous nous sommes d’abord demandé quelles prestations nous voudrions offrir aujourd’hui à un client pour un yacht d’exception. » Rapidement, la formule du catamaran s’est imposée « pour sa stabilité, ses performances et afin d’éviter de verticaliser l’espace, comme sur un monocoque », ajoute l’architecte associé. La taille de 76 mètres a été déterminée en fonction des limites constructives en aluminium – plusieurs chantiers ont déjà été consultés. 
 
A partir de ce postulat de départ, un large champ des possibles s’ouvrait aux concepteurs, qui ont chacun apporté leurs compétences au projet. « Nous nous sommes rencontrés avec les équipes de Micheletti qui sont venues à Paris et de notre côté, nous avons visité leur agence à Milan. Nous avons les mêmes outils de travail, une approche du design commune. C’était enthousiasmant et rapidement, c’est une collaboration à livre ouvert qui s’est organisée », raconte le designer Yann Prummel. 
 
Les grandes lignes du projet ont d’abord été définies par VPLP Design, qui a puisé dans 40 ans d’expérience en architecture navale et dans ses outils développés en interne pour « apporter une réponse architecturale réfléchie et étayée », selon Quentin Lucet. « La taille peut impressionner, mais nous avons les outils et la méthode. Masse, poids de structure, performances : les principaux chiffres sont le résultat d’un travail de conception très précis et raisonné. »

Tyrena, comme la mer Tyrrhénienne,
un trait d’union 

Sur cette base, les équipes de Micheletti, rompues à l’organisation de très grands espaces terrestres, se sont attachées à organiser l’agencement. « Ils ont amené une vision et beaucoup de rigueur sur le general arrangement », confirme Yann Prummel, pour faire de ce catamaran, très allongé et beaucoup plus bas sur l’eau que de nombreux monocoques, une unité exceptionnelle prévue pour accueillir 12 invités et 30 membres d’équipage. « Le fil rouge a été de casser l’effet pyramidal des méga-yachts pour en faire une unité capable de s’intégrer dans le paysage », poursuit ce dernier.
 
L’implantation des deux ailes OceanWings, de 363 m² chacune, au centre de la plateforme, allège nettement la silhouette, avec une ligne de pont qui reste lisible des étraves aux tableaux, quel que soit l’angle de vue. L’encastrement disponible de 8 mètres et l’éloignement longitudinal des deux profils qui ne se perturbent pas ont autorisé cette disposition unique à ce jour. « Nous connaissons bien le rendement de ces ailes puisqu’elles font la même taille que celles de Canopée, explique Quentin Lucet. Nous attendons une vitesse de croisière de 12 nœuds dans 17 nœuds de vent. »
 
Au mouillage, Tyrena propose un accès à la mer incomparable à l’arrière, grâce à son pont vénitien, une plateforme qui s’abaisse jusqu’à la mer occupant toute la largeur disponible, mais aussi un espace privatif très original à l’avant. « C’est un lieu de partage, intégré entre les coques, conçu comme des terrasses étagées où l’on se trouve proche des éléments mais abrité du soleil et des regards », précise Yann Prummel, qui met également en avant l’ambition d’autonomie énergétique du catamaran au mouillage. « On peut y passer des moments dans l’intimité et, pourquoi pas, assister à une représentation culturelle. Il est conçu comme ces théâtres antiques qui servaient à tisser des liens quotidiens entre les citoyens », ajoute Quentin Lucet. 
 
Nul doute que ce catamaran hors norme, dont le nom est inspiré de la mer Tyrrhénienne, vue comme un trait d’union, devrait marquer les esprits lors de sa présentation à Monaco.